Misogyne !
Ce mot a été prononcé par une amie lors d’une réunion littéraire à Champoly. Cela m’a fait réfléchir d’abord sur les inégalités de droit entre femme et homme ainsi que sur un des aspects de nos habitudes bien répandues et quasi quotidiennes que j’appelle : le jugement instantané. Il s’agit de qualifier les gens presque spontanément quelqu’ils soient positif ou négatif : « Ils sont gentils », « Il est méchant » , « Elle est fada » , « Quel con! » , « intelligent! », « pourri… »
Pour qualifier quelqu’un comme gentil ou méchant quels sont nos critères? Ce sont sans doute nos propres instruments de mesures, disons par rapport avec l’état de notre humour, de nos intérêts ou de nos acquis intellectuels, de classe sociale, hélas sans avoir nécessairement l’accès à toutes les données.
Pour qualifier quelqu’un comme gentil ou méchant quels sont nos critères? Ce sont sans doute nos propres instruments de mesures, disons par rapport avec l’état de notre humour, de nos intérêts ou de nos acquis intellectuels, de classe sociale, hélas sans avoir nécessairement l’accès à toutes les données.
Il faut dire que toute littérature est amenée à créer, soit par un système conventionnel soit par l’expérience historique, des mots permettant à exprimer ou à définir ses besoins, ses sentiments, ses actes ou ses faits , cela me semble tout à fait normal sauf que :
1- l’existence de certains adjectifs dans notre répertoire collectif ne signifie en aucun cas la généralisation systématique d’un même comportement dans l’ensemble de la société.
2-Le problème va surgir quand on va inverser la formule, c’est-à-dire on dispose d’un mot et on va trouver un comportement qui lui correspond, ou bien on remarque un comportement et on va essayer de le comparer avec un terme trouvé dans notre répertoire collectif, un peu comme dans le cas du code civil ou pénal. Or dans le cas du code civil ou pénal il y a toujours le rôle des juristes et des experts capables de vérifier et de déterminer l’équivalent et la validité du code .
« Misogyne » est un adjectif qui inclut une signification grave et lourde. Pour le petite Larousse il s’agit: « Qui est hostile ou méprisant à l’égard des femmes ( par opposition à misandre) »
Du point de vue d’une logique rationnelle, l’homme n’est pas hostile à la femme et vice versa. Quelques milliards de femmes et l’équivalent d’hommes dans le monde, sans oublier encore plusieurs milliards de femmes ou d’hommes dans le passé qui ont assuré la pérennité de la vie, n’étaient pas hostiles les uns aux autres mais bien au contraire.
Même le mot de mépris à cet égard n’a pas de sens puisque les hommes et les femmes sont physiquement, moralement, affectivement ou sexuellement inter dépendants à l’exception peut-être de certains homosexuels ou de lesbiens qui affichent la rupture avec le sexe opposé.
Par contre il faudra surtout évoquer la discrimination des femmes par les hommes, une notion bien plus grave et plus étendue (historiquement et géographiquement) à travers le monde. Pour donner un petit aperçu sur l’importance du sujet voici deux articles les plus récents:
« Les hommes gagnent plus que les femmes dès le début de leur carrière. Les femmes sont globalement plus diplômées que les hommes » L’INSEE : Mercredi 24février 2010
« Les députés Français ont adopté mardi une proposition de résolution qui prône d’aligner les droits des femmes en France sur ceux des pays européens où ils sont le mieux garantis » Médias mardi 22 février 2010.
La situation est encore plus grave voire dramatique partout en particulier dans les pays les plus pauvres.
Le mécanisme de la discrimnation est toujours le même : les hommes en s’appropriant le pouvoir (dans presque tous les domaines: économique, médiatique, juridique, morale, religion, littéraire, ) et qu’ils disposent toujours, continuent à bénéficier des avantages disproportionnés par rapport aux femmes. On a confié aux femmes : le statut sacré de mère. L’expression allemande, résume en trois lettres KKK le rôle social attribué à la femme. Ces lettres sont abréviation des mots: kind, küche und kirche c’est-à-dire l’enfant, la cuisine et l’église (croyance).
Pour réparer l’injustice les hommes qui sont à l’origine de celle-ci doivent renoncer aux privilèges incorrectement acquis et connaitre leurs réels droits et les femmes doivent réclamer l’égalité dans la complémentarité cela par le biais de leurs volontarisme et de leurs participations actives dans les centres de décisions. Egalité femme-homme passe par une connaissance mutuelle du droit de chacun, pas uniquement sur les valeurs déjà établies mais réétudiées et par la mise en cause des contrats sociaux mal négociés.
Kya Azar
( A suivre : Le féminisme revisité)
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